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vendredi 24 juin 2011

Fin ou début de l'aventure ?

Voici venus les cinq derniers jours du voyage. A J-5, je repense à tout ce que j'ai vécu pendant ces 10 derniers mois... mais surtout à ce qui s'ouvre maintenant devant. Ce voyage qui était pour moi une nécessité vitale avait pris toute la place depuis de nombreuses années. Il n'y avait pas de place pour d'autres projets tant que celui-ci se serait pas accompli. Je sentais impérieusement ce besoin d'arrêter le temps du rentable, de pousser les frontières de mes yeux curieux. De chercher ailleurs des réponses...

Mais maintenant que j'ai réalisé ce bout de rêve, c'est un appel d'air des possibles.

Et ce matin, je suis levée avec cette idée… :
Ce n’est pas la liberté qui apporte le bonheur, c’est le sens.
il m’a fallu des mois pour ça soit clair et le pire c’est que je suis sûre que je l'oublierai après trois semaines de boulot…

jeudi 9 juin 2011

A ma petite cousine


Chère Charlotte
un petit mot pour te dire que j'ai pensé à toi souvent pendant ce voyage et que j'aurais aimé t'avoir à mes cotés pour découvrir toutes ces nouvelles cultures... C'est tellement encourageant de trouver un sourire ou une porte ouverte à l'autre bout du monde... il est vrai que parfois, c'est aussi la misère et la violence mais face à ça aussi on apprend. On apprend que le temps d'une vie, quoi qu'on en fasse, s'écoule à la même vitesse pour tous. Pour certain cependant, ce temps sera une lutte perpétuelle, pour d'autre un doux cocon... et pourtant, et pourtant celui qui a le sourire n'est pas forcément celui que l'on croit !

J'ai hâte du jour où nous bouclerons, peut-être, nos sacs à dos ensemble... à nous les nouilles du bord de route et les heures de bus les yeux sur l'horizon...

Ta grande cousine qui pense à toi.

jeudi 26 mai 2011

Même ici DSK

Que ressent-on quand des Coréens vous montrent en souriant sur leur iphone la photo de Strauss-Kahn en vous disant "France, France !" La honte bien entendu....

Mais attention, pas la honte d'une solidarité patriotique... non, la honte viendrait plutôt du traitement sexiste de la presse francaise. Quand j'entends un des mes chroniqueurs de radio préféré (Alexandre Adler) défendre DSK aux premières heures d'une affaire dont on n'a encore aucune information précise, je suis sidérée... Comment des hommes intelligents, qui, en temps normal, font acte de recul et d'analyse peuvent-ils réagir de la sorte en cas de viol ?

Heureusement, il y a d'autres voix... des voix qui me font me sentir moins seule dans mon indignation.
Relire la chronique de Clémentine Autain ou l'article de Mona Cholet dans le Monde Diplomatique

Un peu de philosophie pour Taos

Toujours dans la liste des livres que je découvre sur le chemin, j'ai trouvé celui-ci d'occasion... On en a beaucoup parlé mais moi j'étais passée à coté. Et puis, j'ai trébuché sur ce passage magnifique et j'ai pensé à toi (et à moi aussi un peu...)


"Il y a toujours la voie de la facilité, quoique je répugne à l’emprunter. Je n’ai pas d’enfant, je ne regarde pas la télévision et je ne crois pas en Dieu, toutes sentes que foulent les hommes pour que la vie leur soit plus facile. Les enfants aident à différer la douloureuse tâche de se faire face à soit-même et les petits enfants y pourvoient ensuite. La télévision divertit de la harassante nécessité de bâtir des projets à partir du rien de nos existences frivoles, en circonvenant les yeux, elle décharge l’esprit de la grande œuvre du sens. Dieu, enfin, apaise nos craintes de mammifères et l’insupportable perspective que nos plaisirs prennent fin un jour. Aussi, sans avenir ni descendance, sans pixels pour abrutir la cosmique conscience de l’absurdité, dans la certitude de la fin et l’anticipation du vide, crois-je pouvoir dire que je n’ai pas choisi la voie de la facilité."


L’élégance du hérisson, Muriel Barbery


"la douleureuse tâche de se faire face à soi-même" m'est quotidienne ici, pas de travail pour s'occuper l'esprit, pas d'horaire, pas de but... une totale liberté... le vide quoi. On en rêve tous et pourtant il n'y a pas plus difficile que de trouver chaque jour, par soi-même, un sens à sa journée. Ces derniers temps j'ai beaucoup repensé à ce film de Lars Von Trier, Manderlay. J'avais été marquée par sa théorie qui est aussi celle de La Boetie : nous sommes des esclaves consentants. La liberté nous pourrions l'acquérir mais elle fait peur... de quoi méditer pour les deux mois qui me reste...

mercredi 23 mars 2011

90 nuits sous moustiquaire

En ces premiers jours de printemps... je fête mes 90 jours de voyage en Asie (et 7 mois depuis mon départ du travail !) Trois mois donc et un point nécessaire. Ce qui a changé ?

Je ne dévore plus frénétiquement les guides avant d'arriver à une nouvelle destination... j'avise en temps voulu. Il m'arrive même de fuire maintenant les recommandations du Lonely car ces petites adresses sont souvent complètes... alors qu'à quelques mètres des concurrents qui essayent de rivaliser proposent de jolies chambres moins chères pour attirer les indécis. En Asie de toute façon, il y a toujours un lit quelque part... et quand il n'y en a plus (c'est arrivé sur une île) on trouve toujours une famille prête à vous accueillir.

Je n'essaye plus de remplir les journées d'activités... je bulle à regarder les nuages ou les gens vivre et ça me suffit pour combler une matinée.

J'achète moins car j'ai fini par comprendre que plus légère tout est plus facile...(monter dans un bateau, monter son sac sur le toit d'un bus, marcher en plein soleil pour trouver une chambre...)

J'arrête de stocker tampons, dentifrice et autres petits articles de survie qui se trouvent finalement à chaque coin de rue.

J'accepte que le voyage évolue et la liste des pays potentiels aussi (finalement pas de Chine, probablement l'Indonésie...)

Je ne parle plus à tout le monde tout le temps... j'essaye plutot d'apprécier les quelques personnes qui croisent ma route. Pelures d'oignon après pelures d'oignon, je découvre des merveilles insoupçonnées et une diversité de belles personnes qui redonnent foi en l'humanité.

Paradoxalement, j'explore mon attachement à la France, à sa culture, sa nourriture, sa langue (quel torture de trouver si peu de livre en français !) et mon envie d'aller davantage à la découverte de mon propre pays.

Petits changement du fond de l'âme... imperceptible de loin, fondamentaux de près.

dimanche 13 mars 2011

Si

Si j'avais été dans la baie d'Halong il y a trois semaines (et non pas il y a deux ans)
Si j'avais été à Sendai il y a deux jours (et non pas dans deux mois)
Si j'avais été au Caire au mauvais moment, ou à Bombay...

Les "si" envahissent ma tête en ces triste jours. Et les grandes interrogations suivent... A quoi se joue le fait d'être ou de ne pas être à cet endroit où tout s’arrête. Faut-il raisonner ses peurs ? Rentrer se protéger sous la couette ? Ou se dire que nous avons tous un destin...

A tous ces sourires frères que nous venons de perdre...
A toi que j'aurais pu croiser autour d'un thé à Sendai...

samedi 26 février 2011

1/3 du voyage

"Je sais que la liberté coûte très chère, aussi cher que l'esclavage; la seule difference, c'est que vous payez avec plaisir et avec le sourire, même quand c'est un sourire mouillé de larmes."
Le zahir - Paulo coelho

Aujourd'hui est un jour particulier puisque ça fait deux mois jour pour jour que j'ai quitté la France... deux mois, c'est court et long à la fois... court parce que les jours passent vite quand on est dans la découverte perpétuelle, long car en deux mois les expériences accumulées sont si nombreuses qu'il me semble qu' "avant" était une autre vie !
Je me pose serieusement la question du retour... comment vais-je me sentir les premiers jours au travail ? comment reprendre le rythme alors que je vis aujourd'hui avec le soleil ? comment suivre la même route tous les jours qaund je choisis chaque soir mon chemin à l'odeur d'un restaurant ? Cette vie de voyageur peut-elle être la vraie vie ou est-ce seulement une parenthèse merveilleuse ? Je crois que j'ai peur, peur de me sentir de nouveau enfermée entre quatre murs... mais peur aussi de ce que la liberté a d'exigence... Sécurité ou liberté ? Faut-il choisir ou existe-t'il un chemin du milieu ? Beaucoup de questions peu de réponses pour le moment...